Dun-Les-Places son histoire

 

Le Vieux Dun

Il fut un temps où le Vieux Dun n'était pas seulement le point de départ pour accéder au Rocher de la Pérouse, à 556 m d'altitude, avec son point de vue sur le Morvan.

Le hameau tranquille d'aujourd'hui a, d'abord, été un oppidum celte très important. Le nom de Dun vient du mot celtique Dunum, qui signifie fort, forteresse, colline. Il était situé à la confluence entre la Cure et le ruisseau de Saint-Marc, sur la route reliant Bibracte, capitale des Éduens, à Avallon.

Au Moyen Âge, Dun était un gros village de plusieurs centaines d'âmes et sa prospérité a duré jusqu'au XIX e siècle. Un pèlerinage important avait lieu à la fontaine Saint-Marc, au beau milieu de la forêt. Au XIX e siècle, l'église Saint-Martin, datant du Moyen Âge, a été fermée pour raisons de sécurité. Le village a été transféré au lieu-dit Les Places, et sa nouvelle église, Sainte-Amélie, à quelques kilomètres de là.

Le Vieux Dun a, alors, décliné au profit de Dun-les-Places. Une chapelle, la « nouvelle chapelle Saint-Marc », appelée ainsi par opposition à l'ancienne, sise non loin de la fontaine miraculeuse, a été érigée au début du XX e siècle, sur les ruines de l'ancienne église, dont subsiste un pan de mur.

 

Dun-les-Places :

Dun-les-Places est un des villages martyres de la seconde guerre mondiale. C’est le 26 juin 1944 que le village, avec ses 806 habitants dont 120 dans le bourg proprement dit, voit débuter un martyre qui le fera surnommer l’Oradour du Morvan.

Le 24 juin, les villages de Montsauche et Planchez sont détruits par les Allemands.

 

Le 25 juin, vers 14 heures, un groupe d’habitants de Montsauche arrive à la mairie de Dun-les-Places et demande à ce que les élèves rentrent chez eux car les troupes allemandes sont sur la route de Dun-Les-Places.

A 14h30, les Allemands arrivent et sont à la recherche de résistants qu’ils qualifient de « terroristes ». Ils vérifient les identités de tous les hommes du village, ils commencent à piller les maisons. Tous les hommes du bourg ou presque sont réunis sur les marches de l’église pour le contrôle des papiers. Vers 20 heures, d’autres soldats arrivent, beaucoup d’entre eux sont saouls.

Le 26 juin, en début d’après-midi, 400 soldats environ arrivent à Dun-les-Places par voitures et camions. Le but affiché : la recherche des terroristes. Mais les contrôles d’identité ne donnent rien, tous les hommes sont relâchés. En fin d’après-midi, les troupes quittent Dun-les-Places et prennent la route de Vermot ; ils sont alors attaqués par les Maquisards du maquis Camille qui protègent le château de Vermot transformé en hôpital. Le combat se poursuit jusqu’à la nuit : le château est occupé et l’hôpital incendié, mais les maquisards arrivent à contenir les Allemands et à évacuer l’hôpital. En fin de journée, un deuxième convoi arrive à Dun-les-Places, comprenant les chefs de l’expédition en provenance de Dijon et de Chalon-sur-saône. Tous les hommes du village sont arrêtés, le bourg est bouclé, les troupes envahissent les maisons. En début de soirée, une attaque simultanée amène fusillade et pilonnage de l’église. Un orage renforce chez les habitants le sentiment d’épouvante. Vers 20 heures un nouveau groupe d'Allemands arrive et installe un canon dans le clocher afin de créer une provocation en tirant à blanc sur les troupes. À 22 heures, alors que l'électricité est coupée et que l'orage se déchaîne, éclatent des coups de feu et de canon dans tout le village puis le silence revient. Les Allemands brisent les portes et les vitres et envahissent les maisons en poussant des cris. Ils s'y installent vidant les caves du vin et de toute la nourriture qu'ils peuvent y trouver. Autour de 22 heures 30, le massacre des prisonniers est ordonné : aucun des 27 Dunois arrêtés ne réchappe à la grenade et au fusil-mitrailleur. Les femmes, avec les enfants, sont cloîtrés dans les maisons et sont parfois obligés d’héberger les soldats et de les nourrir, parfois même de leur donner de l’alcool.

Le 27 juin, le village est systématiquement pillé. Les allemands entassent dans leurs camions linge, literie et objets de valeur après avoir abattu porcs, moutons et volaille. À partir de 8 heures, les habitants sont autorisés à quitter les maisons. Certains pensent que les hommes vont être emmenés en Allemagne, cependant ils vont apprendre la mort de certains hommes. Cette journée est marquée par le pillage des ressources du bourg, une infirmière essaye de sauver certains blessés. Des centaines de camions arrivent dans le village et emmènent les objets volés et les voitures des habitants. Durant toute la journée, les soldats volent dans les maisons les affaires des habitants du bourg. Les soldats ont tout pris. 

Le 28 juin au matin, les Allemands se préparent à partir. À l'aide de lance-flammes, de grenades incendiaires et de bûches, ils mettent le feu aux maisons. Les femmes restées dans les maisons prennent le minimum de bagage possible en vue de quitter le village. À 12 h 30 après avoir fait sonner les cloches, ils partent en chantant et en jouant de l'accordéon. Ils donnent l’ordre aux habitants de ne sortir que dans une heure. Les survivants découvrent alors l'horreur : les corps des otages gisent déchiquetés sous le porche de l'église, celui du curé, partiellement dévêtu, est découvert dans le clocher. D'autres corps sont retrouvés sur les routes ou dans les hameaux voisins.

Le massacre a fait en tout 27 victimes, dont les obsèques sont célébrées le 1er juillet suivant à cause d’un manque de cercueil. Ils sont placés en haut du cimetière, sous des croix blanches afin de représenter les crimes commis par les nazis, leurs complices et les traîtres français.